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Briser le cercle vicieux de la procrastination

As Salaam Aleykum wa Rahmatullahi wa Barakatouh.

J'ai décidé de changer le sujet d'aujourd'hui pour parler de la « procrastination ». J'avais pensé à un autre sujet à aborder cette semaine, mais j'ai été plus occupée que prévu, et je n'ai pu m'y mettre qu'en début de journée.

Cependant, au lieu de me sentir motivée à commencer à écrire malgré le peu de temps dont j’avais, je me suis surprise à procrastiner.

Parfois, j’ai repoussé l’écriture pour de bonnes raisons, comme pour accomplir les sunnas du vendredi.

À d’autres moments, j’ai remarqué que d’autres facteurs entraient en jeu : le perfectionnisme et les phrases commençant par « je devrais ».

La pression de bien faire les choses était si intense que, même si la procrastination était contre-productive, elle semblait être le seul moyen d’alléger momentanément cette pression.

La procrastination peut concerner la tâche elle-même ; le fait de percevoir ou d'évaluer objectivement cette dernière comme ennuyeuse ou désagréable peut naturellement conduire à la repousser au profit de ce qui semble plus facile ou plus agréable.

La procrastination peut également être une forme d'évitement, plus précisément l'évitement temporaire de l'anxiété liée à la tâche. Le mot-clé ici est « temporaire » ; le soulagement que l'on ressent lorsqu'on remet quelque chose à plus tard est réel, mais il est aussi de courte durée. À plus long terme, cette anxiété a tendance à s’amplifier car la tâche reste inachevée. Avec le temps, cela crée un cercle vicieux : pression croissante, évitement accru et anxiété encore plus grande. Et comme la procrastination nous a procuré un soulagement à court terme, nous sommes plus enclines à y recourir à nouveau.

Alors, que pouvons-nous faire à la place ?

Nous pouvons commencer par nous attaquer aux schémas sous-jacents, In Sha Allah :

  • * travailler sur le perfectionnisme, les « je devrais » et/ou la façon dont nous percevons certaines activités que nous avons tendance à remettre à plus tard ;

  • * nous entraîner à accepter l’inconfort de l’anxiété, de l’ennui et du désagrément au lieu d’essayer de les éviter ;

  • * contredire les pensées qui encouragent la procrastination [j’ai travaillé là-dessus avec une cliente l’autre jour et elle a trouvé que c’était un exercice assez amusant!] ;

  • * remplacer l'autocritique par un dialogue intérieur encourageant et motivant pendant la tâche.

Par ailleurs, certaines stratégies pratiques peuvent vous aider, incha’Allah :

  1. Commencez par la tâche que vous avez le plus envie d’éviter

  2. Passez d’une activité agréable à une autre moins appréciée sans faire de pause

  3. Engagez-vous à ne consacrer que cinq minutes pour commencer

  4. Fixez-vous des délais clairs et raisonnables

  5. Choisissez un environnement et un moment propices à la concentration

  6. Commencez dès que la tâche vous vient à l’esprit

  7. Utilisez des rappels

  8. Visualisez-vous en train de mener à bien la tâche

  9. Prévoyez de petites récompenses

  10. Suivez vos progrès

  11. Faites appel à un partenaire de responsabilité

  12. Dites « non » aux demandes concurrentes lorsque cela est nécessaire.

La procrastination est une habitude, et comme toute autre habitude, la vaincre, incha’Allah, demande souvent de la pratique et de la constance.

l n’est donc pas étonnant que lorsque le Prophète ﷺ a été interrogé sur les actions les plus aimées d’Allah ﷻ, il ait répondu :

« Les actions les plus régulières et constantes, même si elles sont peu nombreuses.» (Sahih al-Bukhari 6465)

Si ce que j'ai dit est correcte, cela vient d'Allah ; et si c'est incorrecte, cela vient de moi-même et de Shayṭān.

As Salaam Aleykum wa Rahmatullahi wa Barakatouh.

Audrey Kodye, psychologue agréée et thérapeute islamique à Overcome Anxiety Psychological

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